Jeune demoiselle de campagne picarde, elle avait tout pour elle, un visage angélique, un corps superbe, des parents aisés... Elle était gracieuse, savait se tenir correctement...
Son père était le propriétaire, par héritages, de nombreux terrains et du manoir du village. Ils vivaient, ses parents et elle confortablement. Son père travaillait les quelques terrains, qu'il avait gardé, tandis que sa femme était une fièvre bénévole de la Croix-Rouge...
Ils avaient été fiers d'elle quand elle avait décroché son baccalauréat avec mention très bien...
Elle voulait entrer à Sciences-po donc elle devait tout quitter à dix-sept ans à peine.
Ses parents lui payèrent tout jusqu'à ses vingt et un ans : loyer, argent de poche, nourriture jusqu'au jour où ils avaient appris que Pauline avait arrêté Sciences-po et ne faisait que faire la fête avec des copains et dépenser son argent dans des boutiques.
Ils lui donnèrent alors l'argent qu'elle avait hérité et n'avaient plus jamais voulu entendre parler d'elle malgré ces appels téléphoniques répétés, ces visites où ils ne lui ouvraient même pas la porte.
Leur fille unique était une débauchée donc pas digne de faire partie de la famille.
Ils avaient donc adopté un petit hindou pour que la succession se fasse quand même...
Pauline avait dilapidé son argent dans des habits qui n'en valaient même pas la peine, sortait chaque soir dans des clubs privés, prenait régulièrement de la drogue...
Tout cela avait contribuait à sa descente aux enfers qui la conduisit à l'hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide...
Elle venait de recevoir, ce soir là, plusieurs lettres d'huissiers de justice et de créanciers qui lui réclamaient de l'argent suite aux nombreux crédits à la consommation qu'elle avait souscrits, à ses loyers impayés, et à son énorme découvert qui représentaient trois SMIC et encore...
Elle avait pris du valium en quantité suffisante pour ne plus se réveiller...
Malheureusement, Axel, son meilleur ami, allait très mal lui aussi. Sa famille le reniait car il était homosexuel et Pauline, sans poser de questions l'avait accueilli. Au fil des semaines, il avait prit ses empreintes dans l'appartement... Ce soir là, il avait besoin de discuter un peu avec elle. Quand il entra dans la chambre, il comprit tout de suite... Les flacons étaient étalés sur la table de chevet... Il s'approcha d'elle et se rendit vite compte qu'elle ne se réveillerait pas s'il n'appelait pas les secours tout de suite...
Elle resta une semaine dans le coma. Les médicaments n'avaient causé aucun dégât majeur.
Quand elle se réveilla, Axel, la regardait avec ses yeux cernés et sa peau blême...
Elle se rendit compte que lui seul était au courant de ce qu'elle avait fait et elle le remercia du mieux qu'elle put...
Dans les semaines qui suivirent, Axel réussi à faire décrocher Pauline de la drogue...
Elle envoya des lettres à ses débiteurs en leur demandant un délai supplémentaire...
Axel s'absentait de plus en plus souvent. Il découchait régulièrement et celui-ci lui appris qu'il allait s'installer avec son nouveau copain...
Axel s'absentait de plus en plus souvent. Il découchait régulièrement et celui-ci lui appris qu'il allait s'installer avec son nouveau copain...
Elle lui fit comprendre insidieusement que sa porte serait toujours ouverte quoi qu'il arrive...
...
Depuis son départ, elle n'avait pas eu la force de chercher un travail qui ne permettrait pas de rembourser ses dettes avant un an. Elle se souvint de cette connaissance qui lui avait parler de faire un métier pas comme les autres, non déclarés et qui payerait très bien...
Elle lui téléphona :
-Allô ?
-Salut c'est Pauline, je ne te dérange pas.
-Pas du tout, je me promène tranquillement dans les jardins du Luxembourg...
-Je t'appelle car tu m'avais parlé d'un travail lucratif et j'ai énormément besoin d'argent. J'ai fait des conneries et maintenant il faut que je les paye
-Tu dois combien ?
-A peu près 20000 euros...
-Bon bah ma chérie, si tu veux un conseil, rejoins-moi au Tropic, tu connais ?
-Oui
-J'y serai dans vingt minutes, rejoins-y-moi.
-Ok
Pauline se prépara rapidement prit le métro et se rendit dans ce lieu-dit qu'elle connaissait bien après y avoir été avec des amis dont Axel.
Elles se reconnurent aussitôt même si l'une comme l'autre avait énormément maigri...
De loin, on aurait dit de vieilles amies mais elles se connaissaient à peine, en, réalité...
Marie-Angèle lui expliqua comment réunir cette somme en peu de temps. Mais il fallait faire très attention, ne pas avoir peur, et s'avoir tout plaquer de son univers juste après. C'était la prostitution...
Pauline n'en croyait pas ces oreilles, jamais elle n'aurait envisagé de se prostituer...
Elle tombait de haut mais en même temps, elle était tellement mal que si c'était l'occasion de s'en sortir, elle le ferait...
Marie-Angèle téléphona deux minutes et lui avait trouvé une chambre de bonne pour recevoir ces clients.. C'était comme une maison close mais légale, vu qu'il y avait un loyer de 300 euros à payer...
Pauline ne savait quoi dire.
Elle tombait de haut... Son éducation ne lui avait jamais permis de penser que la prostitution se présenterait à sa porte.
Voilà pourquoi, Pauline se retrouva pour la première fois sur le trottoir comme on dit...
Elle se sentait mal à l'aise avec ses hommes qui ne désiraient qu'une chose : son corps...
Elle pleura au début mais compris vite qu'il fallait qu'elle joue le jeu quelque temps...
Les premiers soirs, elle rentrait chez elle, s'écroulait dans la baignoire pour se savonner jusqu'au sang tant elle se sentait sale...
Elle mit l'argent dans une boîte à biscuits secs dans la cuisine qui servait de décoration comme ça personne ne songeait où il se trouvait...
Pauline faisait tout pour que ça se termine au plus vite...
Elle augmentait le nombre de passes de jour en jour et le faisait tous les jours...
Des clients devinrent réguliers et ne cherchaient plus que son corps, ils voulaient la connaître et pourquoi elle faisait ça...
Elle ne mentait jamais et tous avaient l'air vraiment triste de son sort mais elle gardait la tête haute.
Au bout de trois semaines elle avait réussi à réunir six mille euros... Bien entendu, elle aurait eu plus si elle n'avait pas fait de courses mais il fallait qui plus est qu'elle mange...
Elle se rendit, donc, à sa banque, vêtue comme à son habitude : Un léger chemisier blanc, une jupe courte portefeuille, des bas résilles avec des chaussures à talons hauts. Tout cela était agrémentait de quelques bijoux discrets...
Elle poussa la porte, forte et fière. Elle avait son sac à main Gucci qui renfermait l'enveloppe.
Elle se dirigea directement vers le bureau de son ancien conseiller, ne se donna pas la peine de frapper et entra. Il était seul, devant son ordinateur. Son expression changea quand il la vit :
-Que faîtes-vous ici mademoiselle De Contre ?
-Je viens régler ma dette. Ne me dîtes pas bonjour. Ne me proposer pas de m'asseoir.
Je me rends compte que les règles ont changé. Depuis que je suis débitrice, on me toise mais j'ai ma fierté.
-Je ne crois pas que vous allez pouvoir rembourser votre dette comme vous dîtes, vous ne devez pas comprendre de combien il s'agit...
-Oh que si, dit-elle fièrement en sortant une lettre de son sac. Je vous dois très exactement 5914,46 euros.
Il pianota légèrement sur son ordinateur pour vérifier l'exactitude de ces propos.
-Non, il y a les agios qui viennent de tomber ce qui monte à 5980,78 euros...
-Parfait.
Elle ouvrit, de nouveau son sac, en sortit l'enveloppe.
-Pourriez-vous m'apporter un exemplaire de remises en espèces s'il vous plaît.
Il ouvrit son tiroir, en sortit un bordereau. Quand il vit la liasse de billets que Pauline sortit, il n'en croyait pas ses yeux. Elle remplit tranquillement son bordereau sans se soucier du regard du banquier. Elle déposa l'argent, ouvrit son porte feuille et en sortit un euro.
-Voilà 5981 euros. Vous pouvez compter, c'est sans importance. Maintenant, je clôture tous mes comptes chez vous. Une autre banque m'accueille les bras ouverts...
Elle mentait, mais elle s'en fichait. Le banquier n'en revenait pas de son audace... Il essaya de la piéger :
-Peut-être vous accepte t'il mais vous êtes fichée à la banque de France donc interdit bancaire donc pas de carte gold ni de chéquier !
-Qui vous dit que c'est un compte en France ? Bon, il me semble que c'est réglé, je ne suis plus une débitrice ni même une cliente désormais donc au revoir.
Dans les semaines qui suivirent, elle fit de même avec ses autres créanciers. Elle s'était jurée de rembourser en premier la banque car c'était aussi celle de ses parents donc ils connaissaient sa situation...
Puis en dernier, elle s'était dit que ce serait son propriétaire...
Les jours se succédaient, toujours au même rythme, Pauline ne cédait pas à la drogue, ni à l'achat d'habits hors de prix qu'elle aurait pu ravoir..
Ce temps était révolu. Elle avait d'autres projets et elle était bien décidée à les réaliser...
Elle enchaînait les passes comme une professionnelle désormais... Elle en faisait jusque cinq par soir...
Elle ne se sentait plus sale, elle trouvait que c'était un métier comme un autre...
Elle arriva enfin à trouver l'argent nécessaire pour le règlement de ces loyers impayés. Elle dit en même temps à son propriétaire qu'elle quitterait l'appartement dans quatre mois...
Son préavis étant de deux mois, elle préférait s'y prendre à l'avance...
Elle continua malgré tout à travailler mais à un rythme beaucoup moins soutenu...
Elle ne prenait plus de nouveaux clients... Les réguliers savaient où la joindre, ils avaient un numéro de téléphone.
Elle commençait à avoir des sentiments auprès d'un client... Celui-ci venait régulièrement, à raison de trois fois par semaine. Il ne lui faisait pas l'amour à chaque fois. Il avait plus besoin de quelqu'un pour parler...
Un jour, il lui posa la question que beaucoup lui avait posé à savoir pourquoi faire ce métier là.
Elle lui déballa toute la vérité, son enfance, les études, la décadence, le risque de la fin, et des dettes par-dessus le marché.
Elle lui dit qu'elle avait fini de tout payer et qu'elle continuait pour s'acheter une voiture et aller voir ses parents une dernière fois pour leur montrer qu'elle n'avait pas eu besoin d'eux quand ils l'ont laissés tomber...
Elle lui expliqua aussi qu'elle avait maintenant de l'argent de côté sur un compte en Suisse pour éviter le fisc et tout ce que cela entraînerait...
Elle se confia pour la première fois depuis de longs mois...
Elle n'eut aucune honte à dévoiler à cet homme qu'elle appréciait, ce qu'elle avait fait, et de ce qu'elle fait encore...
Il partit et la rappela le soir-même.
Il voulait la voir de toute urgence...
Elle lui dit qu'elle se reposait chez elle donc que demain serait préférable...
Il savait depuis un certain temps qui elle était car dès qu'il l'avait vu il s'était épris d'elle. Il avait fait enquêter. Il savait où elle habitait réellement, où elle faisait ses courses, ...
Il ne teint donc pas compte de ce qu'elle lui avait dit et arriva chez elle avec un bouquet de roses rouges et une bouteille de chardonnay.
Elle ouvrit la porte, en peignoir et son visage se pétrifia :
-Comment savez-vous où j'habite ?
-J'ai mes sources. Mais je tenais absolument à vous parler...
-Je n'ai pas le courage ce soir de discuter ou de faire quoi que ce soit d'autre...
-J'ai quelque chose à vous proposer...
-Bon, entrez
Elle ne prit pas la peine de lui dire de s'installer sur le canapé il le fit d'office. C'est alors qu'il lui expliqua tout.
Que dès qu'il l'avait vu pour la première fois, il était tomber amoureux d'elle, il avait enquêté sur elle pour tout savoir, non de manière perverse mais de manière déterminée car il voulait la sortir de ce trou noir...
Il lui proposa d'arrêter de se prostituer, en échange de quoi il lui donnerait chaque semaine l'argent qu'elle aurait dû avoir. Il lui interdit de poser des questions. Il voulait qu'elle s'en sorte... Il l'aide donc dans cette voix...
De plus, après quelques semaines de repos, il lui proposera un travail dans sa boîte.
Il ne la voulait pas simple secrétaire ou agent d'entretien... Ces emplois ne lui conviendraient pas donc il fallait quelque chose à la hauteur.
C'est pourquoi, il envisageait de la nommer au sein du conseil de délibération où on donne son avis si un livre à le mérite d'être publié ou non...
Il ne lui cacha rien. Maintenant c'était à elle de parler.
Elle accepta car elle n'en pouvait plus de faire ce métier... Elle lui dévoila qu'elle aussi avait des sentiments pour lui mais qu'elle ne voulait pas à ce moment mélanger son travail et sa vie personnelle. C'est pourquoi si elle arrêtait, ils pourraient essayer de faire plus ample connaissance...
Quelques mois plus tard, elle franchit la porte de chez ses parents au volant de sa Mini-Austin, elle savait qu'ils ne voudraient pas leur parler mais elle essaya quand même.
Sa mère ouvrit et vit que sa fille n'avait pas changé. Elle était toujours aussi belle, ravissante, habillée par de grands couturiers.
Elle voulait aussi lui parler c'est pourquoi, elle dit à son mari qu'elle partait voir une amie du village voisin.
Elle monta, dans la voiture de sa fille, tremblante, mais heureuse.
Sa fille est fière, elle ne se démontera jamais.
Pauline conduisit et expliqua tout ce qui s'était passé depuis leur abandon financier. Sa mère pleura, quant à elle, elle resta impassible.
Puis Pauline, relata sa rencontre avec Jules, sa sortie de la prostitution, son aide, et maintenant ils étaient fiancés.
Pauline lui demanda une chose : De convaincre son père de l'accompagner à l'Église, c'est tout ce qu'elle voulait.
Quelques jours plus tard, elle reçut un courrier de la part de son père. Il lui dit qu'il était au courant de tout et que maintenant qu'elle refaisait partie de la famille, il se ferait une joie de l'emmener à l'autel...