6eme texte- Pauline

Pauline se demandait comment elle avait fait pour en arriver là...
Jeune demoiselle de campagne picarde, elle avait tout pour elle, un visage angélique, un corps superbe, des parents aisés... Elle était gracieuse, savait se tenir correctement...

Son père était le propriétaire, par héritages, de nombreux terrains et du manoir du village. Ils vivaient, ses parents et elle confortablement. Son père travaillait les quelques terrains, qu'il avait gardé, tandis que sa femme était une fièvre bénévole de la Croix-Rouge...
Ils avaient été fiers d'elle quand elle avait décroché son baccalauréat avec mention très bien...
Elle voulait entrer à Sciences-po donc elle devait tout quitter à dix-sept ans à peine.
Ses parents lui payèrent tout jusqu'à ses vingt et un ans : loyer, argent de poche, nourriture jusqu'au jour où ils avaient appris que Pauline avait arrêté Sciences-po et ne faisait que faire la fête avec des copains et dépenser son argent dans des boutiques.
Ils lui donnèrent alors l'argent qu'elle avait hérité et n'avaient plus jamais voulu entendre parler d'elle malgré ces appels téléphoniques répétés, ces visites où ils ne lui ouvraient même pas la porte.
Leur fille unique était une débauchée donc pas digne de faire partie de la famille.
Ils avaient donc adopté un petit hindou pour que la succession se fasse quand même...

Pauline avait dilapidé son argent dans des habits qui n'en valaient même pas la peine, sortait chaque soir dans des clubs privés, prenait régulièrement de la drogue...
Tout cela avait contribuait à sa descente aux enfers qui la conduisit à l'hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide...
Elle venait de recevoir, ce soir là, plusieurs lettres d'huissiers de justice et de créanciers qui lui réclamaient de l'argent suite aux nombreux crédits à la consommation qu'elle avait souscrits, à ses loyers impayés, et à son énorme découvert qui représentaient trois SMIC et encore...
Elle avait pris du valium en quantité suffisante pour ne plus se réveiller...
Malheureusement, Axel, son meilleur ami, allait très mal lui aussi. Sa famille le reniait car il était homosexuel et Pauline, sans poser de questions l'avait accueilli. Au fil des semaines, il avait prit ses empreintes dans l'appartement... Ce soir là, il avait besoin de discuter un peu avec elle. Quand il entra dans la chambre, il comprit tout de suite... Les flacons étaient étalés sur la table de chevet... Il s'approcha d'elle et se rendit vite compte qu'elle ne se réveillerait pas s'il n'appelait pas les secours tout de suite...
Elle resta une semaine dans le coma. Les médicaments n'avaient causé aucun dégât majeur.
Quand elle se réveilla, Axel, la regardait avec ses yeux cernés et sa peau blême...
Elle se rendit compte que lui seul était au courant de ce qu'elle avait fait et elle le remercia du mieux qu'elle put...

Dans les semaines qui suivirent, Axel réussi à faire décrocher Pauline de la drogue...
Elle envoya des lettres à ses débiteurs en leur demandant un délai supplémentaire...
Axel s'absentait de plus en plus souvent. Il découchait régulièrement et celui-ci lui appris qu'il allait s'installer avec son nouveau copain...

Axel s'absentait de plus en plus souvent. Il découchait régulièrement et celui-ci lui appris qu'il allait s'installer avec son nouveau copain...
Elle lui fit comprendre insidieusement que sa porte serait toujours ouverte quoi qu'il arrive...

...
Depuis son départ, elle n'avait pas eu la force de chercher un travail qui ne permettrait pas de rembourser ses dettes avant un an. Elle se souvint de cette connaissance qui lui avait parler de faire un métier pas comme les autres, non déclarés et qui payerait très bien...
Elle lui téléphona :
-Allô ?
-Salut c'est Pauline, je ne te dérange pas.
-Pas du tout, je me promène tranquillement dans les jardins du Luxembourg...
-Je t'appelle car tu m'avais parlé d'un travail lucratif et j'ai énormément besoin d'argent. J'ai fait des conneries et maintenant il faut que je les paye
-Tu dois combien ?
-A peu près 20000 euros...
-Bon bah ma chérie, si tu veux un conseil, rejoins-moi au Tropic, tu connais ?
-Oui
-J'y serai dans vingt minutes, rejoins-y-moi.
-Ok

Pauline se prépara rapidement prit le métro et se rendit dans ce lieu-dit qu'elle connaissait bien après y avoir été avec des amis dont Axel.
Elles se reconnurent aussitôt même si l'une comme l'autre avait énormément maigri...
De loin, on aurait dit de vieilles amies mais elles se connaissaient à peine, en, réalité...
Marie-Angèle lui expliqua comment réunir cette somme en peu de temps. Mais il fallait faire très attention, ne pas avoir peur, et s'avoir tout plaquer de son univers juste après. C'était la prostitution...
Pauline n'en croyait pas ces oreilles, jamais elle n'aurait envisagé de se prostituer...
Elle tombait de haut mais en même temps, elle était tellement mal que si c'était l'occasion de s'en sortir, elle le ferait...
Marie-Angèle téléphona deux minutes et lui avait trouvé une chambre de bonne pour recevoir ces clients.. C'était comme une maison close mais légale, vu qu'il y avait un loyer de 300 euros à payer...
Pauline ne savait quoi dire.
Elle tombait de haut... Son éducation ne lui avait jamais permis de penser que la prostitution se présenterait à sa porte.

Voilà pourquoi, Pauline se retrouva pour la première fois sur le trottoir comme on dit...
Elle se sentait mal à l'aise avec ses hommes qui ne désiraient qu'une chose : son corps...

Elle pleura au début mais compris vite qu'il fallait qu'elle joue le jeu quelque temps...
Les premiers soirs, elle rentrait chez elle, s'écroulait dans la baignoire pour se savonner jusqu'au sang tant elle se sentait sale...
Elle mit l'argent dans une boîte à biscuits secs dans la cuisine qui servait de décoration comme ça personne ne songeait où il se trouvait...
Pauline faisait tout pour que ça se termine au plus vite...
Elle augmentait le nombre de passes de jour en jour et le faisait tous les jours...
Des clients devinrent réguliers et ne cherchaient plus que son corps, ils voulaient la connaître et pourquoi elle faisait ça...
Elle ne mentait jamais et tous avaient l'air vraiment triste de son sort mais elle gardait la tête haute.
Au bout de trois semaines elle avait réussi à réunir six mille euros... Bien entendu, elle aurait eu plus si elle n'avait pas fait de courses mais il fallait qui plus est qu'elle mange...
Elle se rendit, donc, à sa banque, vêtue comme à son habitude : Un léger chemisier blanc, une jupe courte portefeuille, des bas résilles avec des chaussures à talons hauts. Tout cela était agrémentait de quelques bijoux discrets...
Elle poussa la porte, forte et fière. Elle avait son sac à main Gucci qui renfermait l'enveloppe.
Elle se dirigea directement vers le bureau de son ancien conseiller, ne se donna pas la peine de frapper et entra. Il était seul, devant son ordinateur. Son expression changea quand il la vit :
-Que faîtes-vous ici mademoiselle De Contre ?
-Je viens régler ma dette. Ne me dîtes pas bonjour. Ne me proposer pas de m'asseoir.
Je me rends compte que les règles ont changé. Depuis que je suis débitrice, on me toise mais j'ai ma fierté.
-Je ne crois pas que vous allez pouvoir rembourser votre dette comme vous dîtes, vous ne devez pas comprendre de combien il s'agit...
-Oh que si, dit-elle fièrement en sortant une lettre de son sac. Je vous dois très exactement 5914,46 euros.
Il pianota légèrement sur son ordinateur pour vérifier l'exactitude de ces propos.
-Non, il y a les agios qui viennent de tomber ce qui monte à 5980,78 euros...
-Parfait.
Elle ouvrit, de nouveau son sac, en sortit l'enveloppe.
-Pourriez-vous m'apporter un exemplaire de remises en espèces s'il vous plaît.
Il ouvrit son tiroir, en sortit un bordereau. Quand il vit la liasse de billets que Pauline sortit, il n'en croyait pas ses yeux. Elle remplit tranquillement son bordereau sans se soucier du regard du banquier. Elle déposa l'argent, ouvrit son porte feuille et en sortit un euro.
-Voilà 5981 euros. Vous pouvez compter, c'est sans importance. Maintenant, je clôture tous mes comptes chez vous. Une autre banque m'accueille les bras ouverts...
Elle mentait, mais elle s'en fichait. Le banquier n'en revenait pas de son audace... Il essaya de la piéger :
-Peut-être vous accepte t'il mais vous êtes fichée à la banque de France donc interdit bancaire donc pas de carte gold ni de chéquier !
-Qui vous dit que c'est un compte en France ? Bon, il me semble que c'est réglé, je ne suis plus une débitrice ni même une cliente désormais donc au revoir.

Dans les semaines qui suivirent, elle fit de même avec ses autres créanciers. Elle s'était jurée de rembourser en premier la banque car c'était aussi celle de ses parents donc ils connaissaient sa situation...
Puis en dernier, elle s'était dit que ce serait son propriétaire...
Les jours se succédaient, toujours au même rythme, Pauline ne cédait pas à la drogue, ni à l'achat d'habits hors de prix qu'elle aurait pu ravoir..
Ce temps était révolu. Elle avait d'autres projets et elle était bien décidée à les réaliser...
Elle enchaînait les passes comme une professionnelle désormais... Elle en faisait jusque cinq par soir...
Elle ne se sentait plus sale, elle trouvait que c'était un métier comme un autre...
Elle arriva enfin à trouver l'argent nécessaire pour le règlement de ces loyers impayés. Elle dit en même temps à son propriétaire qu'elle quitterait l'appartement dans quatre mois...
Son préavis étant de deux mois, elle préférait s'y prendre à l'avance...
Elle continua malgré tout à travailler mais à un rythme beaucoup moins soutenu...
Elle ne prenait plus de nouveaux clients... Les réguliers savaient où la joindre, ils avaient un numéro de téléphone.
Elle commençait à avoir des sentiments auprès d'un client... Celui-ci venait régulièrement, à raison de trois fois par semaine. Il ne lui faisait pas l'amour à chaque fois. Il avait plus besoin de quelqu'un pour parler...
Un jour, il lui posa la question que beaucoup lui avait posé à savoir pourquoi faire ce métier là.
Elle lui déballa toute la vérité, son enfance, les études, la décadence, le risque de la fin, et des dettes par-dessus le marché.
Elle lui dit qu'elle avait fini de tout payer et qu'elle continuait pour s'acheter une voiture et aller voir ses parents une dernière fois pour leur montrer qu'elle n'avait pas eu besoin d'eux quand ils l'ont laissés tomber...
Elle lui expliqua aussi qu'elle avait maintenant de l'argent de côté sur un compte en Suisse pour éviter le fisc et tout ce que cela entraînerait...
Elle se confia pour la première fois depuis de longs mois...
Elle n'eut aucune honte à dévoiler à cet homme qu'elle appréciait, ce qu'elle avait fait, et de ce qu'elle fait encore...
Il partit et la rappela le soir-même.
Il voulait la voir de toute urgence...
Elle lui dit qu'elle se reposait chez elle donc que demain serait préférable...
Il savait depuis un certain temps qui elle était car dès qu'il l'avait vu il s'était épris d'elle. Il avait fait enquêter. Il savait où elle habitait réellement, où elle faisait ses courses, ...
Il ne teint donc pas compte de ce qu'elle lui avait dit et arriva chez elle avec un bouquet de roses rouges et une bouteille de chardonnay.
Elle ouvrit la porte, en peignoir et son visage se pétrifia :
-Comment savez-vous où j'habite ?
-J'ai mes sources. Mais je tenais absolument à vous parler...
-Je n'ai pas le courage ce soir de discuter ou de faire quoi que ce soit d'autre...
-J'ai quelque chose à vous proposer...
-Bon, entrez
Elle ne prit pas la peine de lui dire de s'installer sur le canapé il le fit d'office. C'est alors qu'il lui expliqua tout.
Que dès qu'il l'avait vu pour la première fois, il était tomber amoureux d'elle, il avait enquêté sur elle pour tout savoir, non de manière perverse mais de manière déterminée car il voulait la sortir de ce trou noir...
Il lui proposa d'arrêter de se prostituer, en échange de quoi il lui donnerait chaque semaine l'argent qu'elle aurait dû avoir. Il lui interdit de poser des questions. Il voulait qu'elle s'en sorte... Il l'aide donc dans cette voix...
De plus, après quelques semaines de repos, il lui proposera un travail dans sa boîte.
Il ne la voulait pas simple secrétaire ou agent d'entretien... Ces emplois ne lui conviendraient pas donc il fallait quelque chose à la hauteur.
C'est pourquoi, il envisageait de la nommer au sein du conseil de délibération où on donne son avis si un livre à le mérite d'être publié ou non...
Il ne lui cacha rien. Maintenant c'était à elle de parler.
Elle accepta car elle n'en pouvait plus de faire ce métier... Elle lui dévoila qu'elle aussi avait des sentiments pour lui mais qu'elle ne voulait pas à ce moment mélanger son travail et sa vie personnelle. C'est pourquoi si elle arrêtait, ils pourraient essayer de faire plus ample connaissance...

Quelques mois plus tard, elle franchit la porte de chez ses parents au volant de sa Mini-Austin, elle savait qu'ils ne voudraient pas leur parler mais elle essaya quand même.
Sa mère ouvrit et vit que sa fille n'avait pas changé. Elle était toujours aussi belle, ravissante, habillée par de grands couturiers.
Elle voulait aussi lui parler c'est pourquoi, elle dit à son mari qu'elle partait voir une amie du village voisin.
Elle monta, dans la voiture de sa fille, tremblante, mais heureuse.
Sa fille est fière, elle ne se démontera jamais.
Pauline conduisit et expliqua tout ce qui s'était passé depuis leur abandon financier. Sa mère pleura, quant à elle, elle resta impassible.
Puis Pauline, relata sa rencontre avec Jules, sa sortie de la prostitution, son aide, et maintenant ils étaient fiancés.
Pauline lui demanda une chose : De convaincre son père de l'accompagner à l'Église, c'est tout ce qu'elle voulait.

Quelques jours plus tard, elle reçut un courrier de la part de son père. Il lui dit qu'il était au courant de tout et que maintenant qu'elle refaisait partie de la famille, il se ferait une joie de l'emmener à l'autel...


# Posté le jeudi 13 décembre 2007 12:35

Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:49

7eme texte- Christophe

Une page qu'on lit, qu'on corrige, qu'on tourne la page et qu'on recommence sans cesse... Tel est le métier de Christophe : effectuer les corrections nécessaires d'un livre, une fois passé le conseil d'édition qui l'a approuvé.
A quarante ans, il commença à tomber dans une profonde dépression, suite à un livre qu'il corrigeait...
C'était un livre autobiographique d'une femme qui racontait son enfance durant laquelle elle avait été violée par un proche parent.
Ce n'était pas la première fois qu'il corrigeait ce genre de livre mais celui-ci l'atteint profondément et fit resurgir ce que son inconscient essayait désespérément d'oublier...

A neuf ans, Christophe était l'aîné d'une famille de quatre enfants. Il adorait dessiner, écrire, jouer avec ses amis. Il passait de longs moments avec son oncle pendant lesquels son oncle s'amusait à jouer au docteur...
Il avait toujours gardé le secret car personne ne devait savoir qu'ils jouaient au docteur...Cela dura quelques mois jusqu'au moment où Christophe comprenait ce qu'il se passait et prit la décision de ne plus voir son oncle.
Il avait tout gardé pour lui pendant ces longues années, au point qu'il n'y pensait même plus.

Il avait construit sa vie de famille, était marié, avait deux enfants, des garçons qui maintenant étaient grands...
Tout resurgit...
Il commença par perdre ses moyens, il était déstabilisé mais il n'en parla à personne, même à sa femme...
Un soir, assis à son bureau, sa caverne comme disait souvent sa femme, il prit tous les comprimés qui étaient dans la salle de bains avec une bouteille de bourbon... Il en prenait par cinq, les comptaient soigneusement, jusqu'à ce qu'il arrive à 80 où il n'arrivait plus à compter...
Il réussi tout de même à prendre le reste et termina la bouteille qu'il avait ouverte une heur plus tôt...

Sa femme se réveilla en sursaut au milieu de la nuit et s'aperçut que son mari n'était pas encore monter se coucher. Elle descendit l'escalier jusqu'au bureau. Elle entra, vit son mari assis dans son fauteuil, la tête en arrière en train de dormir...
Elle s'approcha de lui et sentit que son mari avait bu ce soir... C'était rare mais quand un livre lui plaisait, il lui arrivait de boire un verre pour se détendre et achevait au plus vite son travail...
Elle essaya de le réveiller, sans résultats...
Elle le secoua mais toujours rien...
C'est alors que son regard se posa sur la corbeille à papiers où gisaient les plaquettes des médicaments...
Elle appela de suite les pompiers...

Six jours de coma, eurent raison des médicaments et de l'alcool.
Sa femme fit preuve de tact quand il se réveilla....
Elle, qui pensait que tout se passait bien dans sa vie, se rendit compte qu'en réalité tout n'était pas aussi parfait qu'elle ne le voulait...
C'est lui qui au bout de deux jours de réveil, expliqua à sa femme ce qui s'était passé...
Elle pleura, mais ne montra rien de sa tristesse ni de sa rancune à son mari pour ne pas lui en avoir parler au plus tôt...
Elle ne se sentait pas à la hauteur de la tâche à accomplir...
Elle demanda donc a Christophe s'il voulait allait dans une clinique pour se reposer.
Il ne posa pas de questions et signa les papiers pour être hospitalisé dans l'unité psychiatrique Henri Ey, porte de Choisy.
Ses enfants vinrent le voir régulièrement...
Il était assommé par les médicaments, perdaient tous ces moyens, était comme un enfant qu'on laisse seul dans un bois.
Sa femme, quant à elle se chargea de fournir tous les documents à l'employeur de son mari et de faxer ses dernières corrections.
Une idée lui trotta dans la tête mais elle ne savait pas s'il fallait agir.
Elle était infirmière de jour dans une unité de soins intensifs dans un hôpital réputé. Elle avait pris quelques jours de congés pour réfléchir.
Elle réussit à joindre ses beaux-parents pour leur expliquer que leur fils était hospitaliser mais qu'il n'y avait pas de danger à se faire qu'il avait du subir une intervention minime...
Elle n'avait pas eu le choix car lors d'une de ses visites quotidiennes à l'hôpital, un de ses fils qui était à la maison répondit au téléphone. C'était ces grands-parents paternels et il leur avait juste dit que son père était à l'hôpital.
Sandrine se doutait que Jérôme avait du dire la vérité mais comme elle voulait qu'ils croient que la situation était maîtrisée, elle jugea nécessaire de ne pas leur dire.

....
Les jours passaient et son mari semblait de plus en plus mal, s'enfermant dans une solitude où il lui était impossible de dialoguer avec lui.
Elle prit donc rendez-vous avec le psychiatre qui le suivait.
Bien entendu, tenu au secret professionnel il n'avait pas dit grand chose...
Mais Sandrine ne se laissa pas démonter pour autant.
Elle fit comme si de rien n'était, et repris le travail.
Cela faisait maintenant un mois que son mari était hospitalisé.
Au travail, la pression montait, les malades souffraient de plus en plus... Il n'y avait plus de lits disponibles mais une personne arrivait dans deux jours. Il était en phase terminale d'un cancer il ne lui restait que quelques semaines à vivre voir quelques jours...
Elle consulta son dossier et se rendit compte que ce patient n'était autre que cet oncle...

Ce n'est pas une coïncidence s'il vient, se dit-elle. Je dois pouvoir faire quelques choses pour lui...

Elle attendit ces deux jours avec grande impatience...

Quand elle vit arriver le brancard transportant l'oncle de son mari, elle était horrifiée. Il faisait partie de la famille, qu'elle avait accepté et elle avait devant ses yeux un homme sans sourire qui attend la mort avec impatience tellement la douleur lui est insupportable...

Elle avait demandé à son chef de pourvoir s'occuper de ce malade... Il en avait été ravi étant donné que les infirmières faisaient de plus en plus d'heures et ne bénéficiait pas d'indemnité compensatrice. Alors une infirmière qui demande à s'occuper des soins d'un nouveau était une bénédiction...
Il ne savait pas du tout ce que Sandrine avait prévu...

Après son installation, Roger vit tout de suite le médecin qui allait lui prescrire un traitement pour soulager la douleur du mieux qu'il était possible...
Puis, une fois seul, Sandrine entra. Elle s'assura que la perfusion était bien installée, que les constantes étaient régulières puis s'adressa à son patient :
-Bonjour Roger...
-Bonjour, me connaissez-vous ? Je suis désolé mais je n'ai pas le souvenir de vous connaître...
-C'est vrai, vous ne me connaissez pas, mais moi je sais qui vous êtes.

Elle avait décidé d'entrer dans le vif du sujet dès le début pour montrer qui allait dominer la situation. Elle était en position de force...

-Ah bon ?
-Oui, vous êtes responsable de l'état actuel de mon mari
-Mais vous divaguez complètement !
-Non, il y a très exactement 35ans vous l'avez violé. Il n'avait que neuf ans...
-Je...
-Laissez-moi terminer. Il n'avait que neuf ans à l'époque, il était si jeune, si fragile... Il l'a toujours caché, vous protégeant par conséquent, sauf qu'il y a quelques semaines votre neveu a voulu franchir la barrière entre la vie et la mort. Il est resté dans le coma plusieurs jours et quelques jours après son réveil il m'a dit pourquoi il avait fait ça et vous en êtes le responsable. Lui a souffert pendant 35ans en silence vous ferez pareil pendant les quelques semaines qu'il vous reste à vivre...

Et elle diminua le débit de la perfusion.

-Les effets ne sont pas immédiats, ils surviendront dans quelques minutes. Je vous défends d'en parler à quiconque car je vous tuerai de mes propres mains...
-Vous avez l'air d'avoir la tête froide, donc je pense que vous ferez ce que vous dîtes...
-Vous avez tout à fait raison...
-Mais pourquoi ne pas le faire tout de suite ?
-Vous tuer ? Débrancher la machine et c'est bon ? Non, ça ne marche pas comme ça... Je veux que vous vous rendiez compte de la souffrance.
-Mais je la connais déjà ! Je suis en phase terminale d'un cancer qui s'est généralisé, et vous savez très bien qu'on souffre déjà...

Le soir, après son service, elle se rendit à l'hôpital psychiatrique voir son mari.
Il allait un peu mieux depuis quelques jours mais, elle avait peur d'une rechute...
Elle lui parla normalement et son mari bien que dans un état dépressif, lui demanda ce qu'elle avait.
-Mais, rien du tout. Ca va très bien.
-Non, ça ne va pas. Je te connais par c½ur...

Elle persista à nier et lui à vouloir savoir.
Elle ne tint plus et lui raconta que son oncle était hospitalisé et qu'elle lui rendit la monnaie de sa pièce à sa façon...
Il ne répondit rien mis à part qu'il voulait qu'elle arrête de se venger ce qu'elle promit. Il réfléchissait...

Quelques jours plus tard, il sortait de l'hôpital...
Son état s'était amélioré de façon étonnante. Il se sentait mieux et cela se voyait. C'est pourquoi son psychiatre lui avait accordé sa sortie à condition qu'il reste suivi pendant quelques temps...
Il rentra donc chez lui, dans sa maison... Il se sentait revigoré, parla à sa femme de réaménager l'intérieur, de faire quelques travaux et notamment de transformer son bureau en bibliothèque et qu'il demanderait à des professionnels de transformé le grenier, où s'entassaient les habits des enfants quand ils étaient petits, des meubles inutilisés, ... pour le transformer en bureau...
Sandrine accepta, heureuse de voir son mari reprendre la situation, d'avoir des projets...

Les semaines passèrent à vive allure...
Les travaux s'effectuaient rapidement. La bibliothèque était terminée, le bureau au grenier n'était plus qu'à aménager...
Ils avaient choisi ensemble les couleurs pour les pièces et acheter le nouveau mobilier...
Christophe voyait son psychiatre toujours régulièrement mais les entretiens s'étaient espacés, le traitement avait été diminué progressivement et maintenant il n'avait plus qu'un médicament en cas d'angoisse. Il ne le prenait jamais.

Il était toujours en arrêt maladie mais il avait demandé à son patron de lui envoyer quand même quelques textes légers à corriger...
Il les traitait rapidement et le jour de sa reprise approchait...


La veille de reprendre le travail, il prétexta aller faire un tour et se rendit en réalité à l'hôpital où sa femme travaillait. On était dimanche et le temps aussi beau qu'il peut l'être en avril...

Il se rendit dans l'unité des soins intensifs, et gagna la chambre de son oncle qu'il n'avait pas vu depuis vingt ans...
Comme il parait misérable dans ce lit, se dit-il.
-Bonsoir Roger.
-Je savais que tu viendrais un jour
-Il le fallait pour moi, pour être en accord avec moi-même. Tu m'as détruit complètement...
-Je sais, je l'ai appris par ta femme...

Et ils discutèrent pendant un long moment. Au moment de franchir la porte, Christophe se retourna, le regarda une dernière fois et ce qu'il vit le glaça d'horreur... Son oncle tournait la manivelle de la perfusion à morphine au maximum...
-Que fais-tu ? lui demanda t-il ?
-Ce que j'avais prévu de puis que je suis ici. Te voir, et mourir après m'être excusé.
-Mais je vais être accusé !
-Non, j'augmente le débit de morphine jusqu'à ce qu'elle se vide et je remet la manivelle comme elle était mais tu seras déjà chez toi quand ce sera terminé.
-Je ne comprends pas. Je ne te comprends plus...
-Ne cherche pas à comprendre. Vas retrouver ta famille qui t'attend. J'ai payé le prix de ce que j'ai fait.
-Au revoir

Christophe rentra donc à la maison vers dix-sept heures, soulagé de lui avoir parlé. Il avait pardonné mais il voulait le voir une dernière fois...

A dix-neuf heures, il reçut un appel de sa mère qui lui annonçait la mort de son oncle...



# Posté le jeudi 13 décembre 2007 12:37

Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:48

8eme texte- Geneviève

Geneviève, quarante-trois ans est directrice d'une école privée de province. Son parcours est sans embûches...
Issue d'une famille modeste, elle s'est laissée transportée dans l'univers scolaire. Elle réussit son Brevet des collèges, son Baccalauréat littéraire et alla en faculté pour obtenir une licence d'Anglais, ce qui lui permit d'entrer à l'IUFM et de devenir professeur des collèges.
Son travail la passionna et elle gravit vite les échelons. Une fois titulaire, elle demanda à être professeur principal. Puis elle continua, en aidant le directeur dans certaines taches qui l'incombaient et qu'elle faisait avec plaisir...

Au bout de trois ans, de travail acharné, elle devint directrice d'un collège de l'éducation nationale.
Jamais, une femme n'était devenue aussi rapidement proviseur.
Elle se fichait pas mal de ce que les gens pensaient d'elle. Tout ce qui l'importait, c'était que sa famille soit fière d'elle...

Quelques mois après être entrée dans ces nouvelles fonctions elle tomba enceinte et se maria rapidement.

Les années s'écoulèrent. Son couple battait de l'aile. Elle savait que son mari la trompait c'est pourquoi elle demanda le divorce qui fut prononcé quinze ans après le mariage...
Elle se retrouva donc seule à 40 ans avec sa fille à élever. Elle se sentait forte malgré la rupture.
Elle prenait de plus en plus régulièrement l'apéritif, et sombra rapidement dans l'alcool...
Elle perdit pied...
Quelques mois plus tard peu après les dix-huit ans de sa fille, cette dernière avisa ses grands-parents et Geneviève se retrouva en hôpital psychiatrique sous le régime d'une hospitalisation d'un tiers...

Cela faisait maintenant un mois et demi qu'elle était seule dans cette chambre sinistre. Le sevrage avait l'air de se dérouler bien...
Elle demanda alors une permission l'après-midi...

Dès qu'elle mit les pieds dehors, elle sentit l'air frais. Elle marcha quelques pas dehors avant d'aller dans un bar et de commander une bière...
Quand elle rentra dans son unité, elle avait à son actif quelques bières et trois whiskies...
-Geneviève, mais vous avez bu ! s'écria un infirmier en la voyant...
-Non, répondit-elle sur le ton de la provocation...

Deux jours plus tard, elle se dit qu'elle avait déconné...
Sa fille ne vient plus la voir. Ses parents refusent catégoriquement de lui parler, elle est seule donc elle ne savait plus sur quel pied danser...
Ou, elle se laisse aller ou, elle reprend pied et redémarre à zéro...

Depuis l'hôpital, elle avait accès à l'ordinateur donc à Internet, ce qui lui permit de constater que personne n'avait touché à son compte courant...
Elle ouvrit un nouveau compte depuis Internet dans une banque virtuelle...
Elle commença à débloquer tous ces comptes épargnes pour les transférer sur son compte courant. Cela allait prendre quatre jours, donc il faudrait faire vite...
Elle avisa par mail le rectorat qu'elle demandait une mutation pour la région des Bouches-du-Rhône...
Son appartement était fini de payer, elle se dit qu'elle le laisserait à sa fille, elle n'en avait plus besoin et ne voulait pas être jugée mère indigne en mettant son enfant à la porte.
Les jours passèrent rapidement.
Cinq jours après, elle se rendit sur son compte bancaire via le net et effectua les virements vers son nouveau compte...
Elle reçu également une lettre de sa hiérarchie en expliquant que sa demande de mutation était accordée et qu'elle disposait de trois mois avant que le poste ne se libère... Elle répondit en remerciant grandement cet interlocuteur qu'elle ne voyait pas et en lui demandant s'il serait possible de bénéficier d'un logement de fonction quelques mois, le temps de se trouver un appartement...
Elle fit également transférer son courrier en poste restante et s'arrangea avec un patient avec qui elle discutait beaucoup pour qu'il relève le courrier comme il avait des permissions l'après-midi.

Elle reçut rapidement les papiers bancaires pour confirmer toutes les opérations, qu'elle avait effectuée via l'ordinateur.
Elle envoya un courrier à son ancienne banque pour signifier qu'elle clôturait tous ses comptes chez eux.
Elle se sentait de mieux en mieux depuis qu'elle avait reçu son accord de mutation, qu'elle avait tout changé et aussi par la suite de la disponibilité de son nouvel appartement dans trois semaines.

Elle fit tout ce qu'elle put pour paraître mieux et son psychiatre commençait à envisager une sortie prochaine...
Elle fit la demande auprès de son médecin pour que son hospitalisation soit libre. Elle se fit examiner par un psychiatre extérieur et donna son accord pour le changement de régime...

Le départ approchait. Elle avait tout organisé dans sa tête.
Ces coordonnées bancaires avaient été envoyées à sa hiérarchie pour son traitement, à la sécurité sociale, et tous les autres organismes qu'elle payait mensuellement ; elle avait reçu sa nouvelle carte visa premier de sa banque ainsi que son nouveau chéquier.
Ils étaient dans le coffre de sa chambre d'hôpital...

Les jours se succédaient rapidement et vint le jour où Geneviève demanda à son psychiatre de signer la décharge pour qu'elle puisse sortir...

Trois heures plus tard, Geneviève se dit que son plan avait marché, elle loua dans un hôtel moyen une chambre pour trois nuits...

Elle s'allongea dans ce nouveau lit bien plus confortable que celui de l'hôpital...

Le lendemain, elle se réveilla toute fraîche. On était le jeudi et elle avait rendez-vous au rectorat pour la remise des clés de l'appartement de fonction...
Tout se passa bien, elle signa les papiers et se dirigea en sortant vers la gare pour réserver son billet pour aller dans cette ville où elle n'y avait été qu'en vacances... Elle prit donc un aller-simple.
Elle passa le reste de l'après-midi à se balader dans cette ville qu'elle avait tant parcourue avec sa fille...

Le vendredi sonnait, elle se leva, se prépara et alla chez elle pour récupérer ses vêtements...
Sa fille n'était pas là. Elle devait être en cours.
Sa valise et sa sacoche de toilette furent vite bouclées. Elle prit également quelques papiers administratifs importants et s'installa dans le salon où elle s'assit sur le fauteuil avec une feuille de papier, un crayon et commença à écrire :

Ma chérie,
Je sais que tu n'es pas au courant que je suis sortie de l'hôpital
Je pars dans une nouvelle ville où j'ai fait ma mutation.
Je m'en vais demain matin
Quel que soit le problème je serai toujours là pour toi.
Je te laisse l'appartement,
J'ai prit un logement de fonction pour bien démarrer là-bas.
N'hésite pas à m'appeler sur mon portable.
Au revoir ma chérie
Et à bientôt
Ta maman qui t'aime très fort.


Elle laissa la lettre bien en évidence sur la table du salon.

Elle ne voulait pas que sa fille la dissuade de partir donc en fermant la porte elle ferma son téléphone son portable.

La nuit fut peuplée d'angoisse pour Geneviève, elle n'arrivait pas à dormir. Son c½ur est lourd...

Elle se rendit à la gare et une fois après s'être rendu compte qu'elle avait une avance d'une heure sur son train, elle alla s'installer au café de la gare.
Elle commanda un café.
Sa fille l'avait remarquée mais ne dis mot et alla regarder le tableau des départs et constata que le prochain train était à destination de Béziers.
Elle alla au guichet et se paya une place en première classe fumeur sachant que sa mère y serait...

Elle se rendit directement au train et alla s'installer à sa place.
Cinq minutes avant le départ une femme pleine de grâce, d'age mûr monta et s'installa de l'autre côté du wagon.
Eva ne dit mot, se camoufla du mieux qu'elle put et attendit le départ du train...

Après une demi-heure de trajet, Eva se leva, alluma une cigarette et voyant que le fauteuil à côté de sa mère était vide, s'y installa...
Comme à son habitude, sa mère dormait à poings fermés. A chaque voyage que ce soit en train ou en avion sa mère dormait...

Elle fuma sa cigarette et souffla doucement la fumée vers sa mère dans l'espoir de la réveiller doucement.

Geneviève rêvait mais elle se sentit réveiller par une forte odeur de cigarette qui l'empêchait de respirer tranquillement.
Elle ouvrit les yeux et se dit qu'elle rêvait. La personne assise à côté d'elle était sa fille !
-Non, je rêve ?
-Tu ne rêves pas, je suis bien assise à côté de ma mère.
-Mais que fais-tu ici ?
-Je ne sais pas, à ton avis ?
-Tu m'as suivi ?
-Bah oui. Tu me laisse un mot et tu me dit que tu pars le lendemain matin donc depuis huit heures j'attendais dans la gare et te voyant entrer dans le café j'ai regardé le tableau d'affichage et j'ai pris un billet pour le prochain train et je ne me suis pas trompé c'est le même que le tien...
-Mais que veux-tu ?
-Je t'accompagne.
-Ah non, tu m'as fait enfermé dans un hôpital de fous sans me voir et tu me suis après ! Il en est hors de question !
-Je n'ai pas eu le choix...
Et Eva lui raconta tout.
Quand elle en avait parler à ses grands-parents, ceux-ci placèrent sa mère dans un hôpital. Elle n'y était pour rien.
Et ces derniers l'avaient dissuadé de venir voir sa propre mère. La seule erreur qu'elle avait commise avait été de parler de ce problème familial.

Geneviève ne savait plus que penser.
Elle réfléchissait à vive allure et la réponse était claire c'était sa fille avant tout et on doit pardonner à ses enfants quoi qu'ils fassent.

-Bon, il y a une chambre pour toi si tu veux.

Et elles s'installèrent à Béziers toutes les deux se soutenant et ne rendant de compte à plus personne...






# Posté le jeudi 13 décembre 2007 12:39

Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:46

9eme texte- Anne et Sylvie

Anne est chirurgien à l'hôpital Cochin. Tous ces collègues vantent ses mérites. Avec un bac et douze années d'études derrière, ils peuvent le dire.
Mais ce qu'ils ne savaient pas c'était qu'elle se droguait.
Elle ne fumait pas de joints, ne buvait pas mais prenait des somnifères qui pris en grande quantité faisait l'effet inverse.
Elle en arriva à prendre jusqu'à quatre boîtes d'un coup de Lexomil...
Dans cet état, elle était capable de tout.
Elle opérait sans problème pendant douze heures d'affilées sans montrer un seul signe de fatigue mais aussi, dans ces élans de solitude d'aller acheter place Vendôme, une bague de huit mille euros.
Cela ne l'effrayait pas puisqu'elle ne maîtrisait plus la situation depuis un long moment...

A trente-huit ans c'était une belle femme qui plaisait aux hommes mais jamais une relation était sérieuse...
Elle habitait dans le huitième arrondissement près des galeries sur le boulevard Haussmann, dans un splendide appartement de soixante-dix mètres carrés.
Elle ne se sentit pas faillir jusqu'au jour où ses parents qui habitent la campagne niçoise, débarquèrent.

Ils se rendirent vite compte de l'état mental de leur fille et la placèrent en psychiatrie dans l'hôpital duquel elle dépendait.
Heureusement pour elle, ce n'était pas Cochin.

Et là, elle fut placée en chambre d'isolement pour l'empêcher de devenir agressive face au manque des médicaments.
Mais le sevrage fut rapide. Elle descendit ensuite dans le service auquel elle dépendait.
Les patients étaient un peu impressionnés par cette femme qui avait un métier qui la plaçait de l'autre côté normalement mais plus rien n'est normal de nos jours...
Tous sauf Sylvie, rien ne l'impressionnait. Elle dirigeait une agence de mannequins donc rien ne l'impressionnait.
Anne s'en aperçut tout de suite que cette femme était différente des autres. Mais pourquoi ?
Elle n'aurait su le dire mais elle avait envie de connaître cette femme.
C'était étonnant cette envie soudaine de connaître quelqu'un dans un hôpital psychiatrique....
Anne rechignait à prendre ses médicaments.
Elle les analysait tous, les triaient, prenaient que ceux dont elle se sentait obligée... Elle le faisait en toute tranquillité devant les infirmiers qui n'osaient rien dire vu son statut.
Sylvie qui était là pour alcoolémie faisait un peu la même chose mais en cachette. Elle plaçait certains comprimés entre sa joue et ses dents en faisant semblant de les avaler. Ce subterfuge avait jusqu'à présent marché. Le personnel soignant s'en est peut être rendu compte mais il ne semblait pas lui en tenir rigueur car elle était venue d'elle-même et son psychiatre lui accordait des permissions toutes les après-midi...

Les jours défilaient toujours de la même façon et un matin, Anne se dirigea vers la chambre de Sylvie :
-Je ne vous dérange pas ?
-Pas du tout.
-Je ne sais pas pourquoi mais quand je suis arrivée ici tout le monde me regardait d'un mauvais ½il certainement parce que je suis chirurgien sauf vous. Et depuis ce jour, j'ai toujours eu l'envie de vous parler mais je n'ai jamais osé.
-Vous avez bien tort. Je ne mange pas d'humain jusqu'à présent. Tout le monde était impressionné quand vous êtes arrivée parce qu'ils savaient ce que vous faîtes comme travail. Mais pas moi, car j'ai été aussi dévisagée que vous les premiers jours mais plus maintenant.
-Et pourquoi vous ont-ils regardé aussi comme ça ?
-Parce que je dirige une agence de mannequin et ça avait fait le tour de l'étage avant même que je ne mette les pieds ici.
-Ah d'accord !Donc vous dirigez une agence de mannequin et vous êtes là, pourquoi ?
-Un peu comme vous sauf que ce n'est pas la même dépendance. Moi ça a été l'alcool mon point faible...
-Ok.

C'est comme ça que Sylvie et Anne ont fait connaissance...
Anne arrivait à terminer son sevrage et devrait sortir en même temps que Sylvie.
Les jours passèrent vite et le jour de leur sortie, elles s'échangèrent leurs numéros...

Les mois ont passé sans qu'elles ne s'appellent et qu'elles ne s'en aperçoivent...

Mais un soir de septembre, Anne se sentait mal, elle avait déjà tout prévu au niveau des comprimés...Elle s'allongea sur son lit prit les médocs et envoya un texto : « je t'ai oubliée en surface mais au fond de moi tu es toujours présente bien plus que je ne le pense... Adieu ma belle »
Au même moment, Sylvie but la dernière gorgée des deux bouteilles de martini qu'elle venait de boire, allongée sur son canapé surdimensionné qu'elle avait fait faire sur mesure peu après son divorce où elle avait obtenu la garde de sa fille, majeure et indépendante maintenant, elle prit son portable et écrivit un sms à une amie qui lui manquait : « Le temps nous a séparé, mais je suis sûre de te retrouver bientôt dans un monde meilleur... »

Avec un intervalle de deux secondes elles reçurent chacun le message...
Vingt minutes plus tard, les pompiers arrivaient chez Anne et Sylvie pour les envoyer à Lariboisière en urgences...
En réalité Anne avait téléphoné aux pompiers pour Sylvie et cette dernière avait fait de même...


Sylvie tomba dans un coma éthylique et Anne se trouvait en soins intensifs après un lavage d'estomac qui l'avait laissée dans un état pitoyable...

Elles commencèrent réellement à émerger du trou noir, du brouillard des médicaments que trois jours après avoir intégré leur unité à l'hôpital psychiatrique...

Elles s'aperçurent et tout redevint comme avant. Les confidences, tout ce chemin mène à la sortie car on parle de projets...
Les infirmiers savaient où les trouver pour la prise des médicaments et pour l'heure des repas... Elles étaient tout le temps dans la chambre de Sylvie.
Au bout de trois semaines de séjour, elles avaient diminué de façon personnelle leur médication...
Le psychiatre qui avait les deux patientes les sentaient prêtes à sortir car il savait parfaitement qu'elles restreignaient leur médication. Les propos étaient cohérents, coordonnés donc il se fichait pas mal de tout ça maintenant qu'il approchait la retraite...

Vint le jour de leur sortie.
Comme à chaque fois, elles firent leur valise une heure avant de partir... Tout se déroulait de la même façon que la dernière fois, sauf que dans leurs valises se mélangeaient leurs habits...

En sortant, elles appelèrent un taxi pour se rendre chez Sylvie...

Les jours passèrent très vite... Elles ne s'étaient pas quittées depuis leur sortie mais le jour de leur reprise arriva très vite.
Pendant ces deux semaines ensemble, elles avaient visités des tas de choses dans Paris, avaient mis les pieds dans des quartiers qu'elles ne connaissaient pas... tout cela sans aborder le devenir de leur relation tellement elle était puissante.
Aucune des deux n'avaient connu ça...
Elles s'assumaient sans problème...

Mais la veille de leur reprise, Anne déglutit et dit :
-On n'a jamais parlé de notre relation. Comment l'envisages-tu ?
-Déjà, je pense que c'est du sérieux et je pense que le mieux si tu es du même avis que moi est d'emménager ensemble...
-D'accord, par contre je ne t'ai jamais dit une chose, je pense que c'est réel : Je t'aime...

Elles s'embrassèrent et pour la deuxième fois de toute leur vie elles savaient qu'elle allait être heureuse.
Pour Anne c'est quand elle reçu son diplôme de chirurgien.
Pour Sylvie, cela a été quand elle mit au monde sa petite fille...

Anne et Sylvie reprirent leur première semaine de travail tranquillement...
Le week-end suivant, elles déménagèrent Anne et toutes leurs affaires se mélangeaient...

Anne loua son appartement du boulevard Haussmann, l'argent affluait dans leurs comptes en banque, mais leur esprit à chacune était toujours tourmenté...
Elles ne ressentaient pas de manque véritable vis-à-vis de leur ancienne dépendance mais elles avaient un dégoût profond de la vie...

Leur vie continua cependant à tourner, chaque jour apportant son flot de bonnes ou mauvaises nouvelles...

Sylvie perdait sa mère, tandis qu'Anne apprenait le cancer d'un oncle dont elle tenait absolument à s'occuper pour l'opération...
L'opération approchait et comme à chaque fois qu'une opération importante avait lieu, Sylvie la rassurait sur sa capacité à travailler et à maîtriser les problèmes qui peuvent survenir dans ce genre de cas... Mais ce ne fut pas évident... Pour la toute première fois Sylvie la rassurait depuis des jours entiers déjà...

Son oncle l'avait fait venir dans sa chambre la veille de l'opération tant attendue :
-Ma chérie, que je suis content de te voir.
-Moi aussi mais tu sais c'est normal qu'un chirurgien vienne voir son patient peu de temps avant l'opération donc il était inutile de me le demander je serai venue de moi-même...
-Je le sais bien mais je veux encore maîtriser certaines choses...

C'est là qu'il lui parla pour la toute première fois de son passé. Toute sa famille disait qu'il avait été reporter pendant de longs mois à une période et que quand il était revenu il était métamorphosé. On ne savait pas trop en quoi c'était un peu tabou...
Et il lui raconta qu'il y a de nombreuses années il a rencontré une sorte de voyant qui avait dit mot pour mot : « Votre mission que vous avez sur terre est complexe car vous devez la chercher et attendre le bon moment. Pour cela il faut que vous envisagiez de quitter votre femme quelques mois ». Voilà en quoi se résumait le début de son aventure qui le conduisit vers d'obscurs coins où il put s'ouvrir plus facilement avec la spiritualité...
C'est à ce moment là qu'il compris qu'il pouvait sauver des gens en les aidant à ouvrir les yeux.

Anne n'y croyait pas. Mais en même temps elle le savait incapable de mentir.
Il lui donna confirmation de ce qu'elle pensait :elle était au bord du gouffre...
Mais il lui donna une autre information : Sylvie aussi l'était...

Elle était abasourdie... Il lui tendit une enveloppe où il dit qu'elle ne devrait l'ouvrir que s'il lui arrivait quelque chose et qu'elle seule serait au courant... avec Sylvie.

Le lendemain matin, au réveil, Anne se leva, se prépara tranquillement pour l'opération quand le téléphone sonna. On lui appris que son oncle et patient venait de mourir... Elle n'en croyait pas ses yeux...
Il avait eu une crise cardiaque dans son sommeil à l'aube, semblait-il ...
Elle n'avait pas osé parler de sa discussion de la veille avec son oncle à Sylvie mais maintenant elle n'avait pas le choix.
Elle la réveilla le plus doucement possible, lui prépara son petit déjeuner, et lui raconta la révélation...
Sylvie pensait que cet oncle avait perdu la tête mais quand, assises sur leur lit, elles ouvrirent l'enveloppe kraft, elle ne songea plus à un mensonge ...
Il y avait un petit livret écrit à la main par le défunt pour indiquer le chemin, une petite carte avec des numéros bancaires et une lettre :
Ma Puce,
Je n'ai pas eu d'enfants mais toi et Sylvie
Vous êtes comme les miens
Maintenant c'est à vous de prendre la relève
Tout est indiqué sur ce petit livret
L'argent dont vous aurez besoin se trouve sur ce compte à votre nom...
Bonne route
Et n'oubliez pas que le destin fait que vous êtes des missionnaires comme moi...
Avec tendresse,
Maurice
...




# Posté le jeudi 13 décembre 2007 12:41

Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:46

10eme texte- Axel et Ludo

Il fallait s'y attendre, s'y résoudre, admettre l'impossible... Les coups viennent de tomber...
Axel se relève péniblement, la douleur est insupportable mais il n'en montre rien, ne veut pas lui montrer... Il ne sait que faire. L'autre gît, seul, contre le mur du salon, la tête entre les mains.
C'est la première fois, la toute première fois que cela lui arrive... Il ne comprend pas. Qu'a t-il fait pour mériter des coups ? Les derniers que il s'est pris venaient de ses parents...
Il traverse péniblement le salon, passe à côté de Julien et s'en va dans la salle de bains, verrouille la porte, fait couler l'eau dans la baignoire, se déshabille et s'allonge dans l'eau brûlante, comme il l'aime.
Ne pensant plus à rien, par gestes mécaniques, il se rase, la barbe d'abord, les aisselles ensuite, puis viennent les jambes et enfin le maillot.
Il relève le bouchon qui retient l'eau, la laisse s'évacuer dans les profondeurs parisiennes, se redresse, attrape le drap de bain accroché sur le sèche-serviette.
Il s'essuie, se met de la crème sur tout le corps, se maquille, se coiffe, accroche sa serviette autour de la taille et franchit la porte. L'autre n'a pas dit un mot. Il voit son ombre par terre, reflété par la lumière blafarde de l'halogène.
Il enfile un pantalon, son jean préféré, sa chemise Marlboro, sa veste de même marque, et son manteau trois-quart en cuir. Il prend au passage les clés de son Vespa noir, s'engouffre dans l'ascenseur et descend les quelques étages qui mènent au parking.
Là, il met son casque, enfourche son deux-roues, et s'infiltre dans les rues noires du Trocadéro pour rejoindre le Marais y retrouver Ludo, son ami de toujours, celui qui ne l'a jamais jugé...

La nuit fut peuplée de larmes, de bras, de consolations qui n'aboutirent qu'à l'endormissement d'Axel qui ne vut les bras de Morphée que deux heures...
Le réveil de Ludo, assourdissant, les laissa tous les deux dans un état comateux durant une bonne demi-heure...
Puis ils se levèrent, se préparèrent chacun leur tour dans la salle de bains et Ludo grimpa derrière le scooter de Axel.
Il travaillait au même endroit, Axel en tant que responsable de la partir non alimentaire et Ludo de la partie alimentaire.
Axel n'avait pas su prendre de décisions quant à sa relation avec Noah. Il ne savait pas comment s'y prendre, s'il devait le quitter ou non, s'il devait continuer à vivre avec lui... La nuit fut en plus d'autant trop courte pour lui permettre de prendre une décision... Cela lui était impensable, inimaginable de vivre avec quelqu'un qui pourrait à tout moment lever la main sur lui et pourtant il l'aimait...
Devait-il faire une thérapie ? Devait-il essayer tout seul de se soigner car cela était irréfutable que Noah soit malade. Mais ce dernier en avait-il conscience ? Avait-il compris que son comportement pouvait être dangereux ? Pour l'autre ? Pour celui qui reçoit les coups ?
Il ne doit pas en avoir conscience. C'était la certitude d'Axel au moment où il entrait sur son lieu de travail...
Il avait commencer en tant que caissier, et avait réussi à gravir les échelons, doucement, mais rapidement et avec une persévérance, une pugnacité, qui lui ont valu plusieurs bâtons dans les roues de la part de ses anciens collègues... Mais il y était arrivé, arrivé à un point où il ne pouvait plus descendre : cadre.
Pourtant, il en aura vécu des galères, il en aura fait des choix, des concessions pour pouvoir sortir la tête de l'eau...
Emancipé à dix-sept ans, il avait réussi à se débrouiller tout seul, cumulant un emploi en apprentissage et des petits boulots dans les bars pour arrondir ses fins de mois ou plutôt pour s'acheter ce dont il avait envie... Car des envies, ça il en avait, il n'avait pas honte de dire qu'il aimait la marque. D'ailleurs sa garde-robe en était remplie... Il préférait acheter peu plutôt que n'importe quoi en grande quantité...
Mais la dépression le tenait. Depuis ses quatorze ans, il avait cette envie, envie futile et inconsciente d'en finir avec la vie. C'était en contradiction complète avec ce qu'il dégageait... Sa joie de vivre en société était communicative mais le soir seul dans son appartement il sombrait.
Il a connu l'hôpital psychiatrique à dix-huit ans. Ce qui l'a conduit à contracter des dettes. L'argent procuré lui a permit de relever la tête, de réacquérir une confiance en lui, confiance qu'il avait perdu...
Or, les créances ne tardèrent pas à être refusées par sa banque, faute de provisions. Sans se démonter, il contracta un autre prêt, acheta un ordinateur, fit installer Internet, et s'inscrivit sur des sites d'escorte... Il réussit à sortir la tête de l'eau et continua afin de m'être de l'argent de côté... Seul Ludo le savait... Contre, mais se souciant constamment de son ami il ne le laissa pas tomber...
Cette partie de sa vie, il n'en avait pas honte, seulement il préférait que ça ne se sache pas à cause de son travail...
C'est pourquoi jusqu'à maintenant, il s'était senti fort, fort de parvenir à se sortir de tout problème mais là il était désarmé... Complètement impuissant à cette situation sans commune mesure qu'il ne pensait n'avoir jamais à vivre...
Et pourtant, il y était confronté maintenant.
Il fit son travail, toujours perfectionniste, félicitant ses employés qui avaient une bonne humeur à la veille des fêtes de fin d'année...
Son directeur le convoqua avec Ludo pour leur parler d'une opportunité qui pourrait se présenter à eux...
Cela faisait maintenant dix mois que les deux hommes occupaient ce poste et jamais ils ne commirent de bévues... Donc cet entretien les impressionna un peu...
Mais le directeur en fait, voulait leur parler d'un nouveau poste que le siège créait pour eux...
En fait, un magasin était en train de se créer dans la banlieue chic des Hauts-de-Seine et content de leurs performances, leur proposait le poste de directeur à tous les deux...
Jamais cela ne s'était fait mais sachant que les deux hommes étaient amis, il savait que jamais l'un quitterait son poste si l'autre n'avait le même...
Donc ils avaient décidé de les mettre tous les deux directeurs d'un même magasin.
Ils avaient une semaine pour donner leur réponse.
Quand ils sortirent du bureau, ils se regardèrent et Ludo comprit qu'Axel n'était pas bien. Il lui proposa de descendre fumer une cigarette.
Une fois dehors, Axel dit :
- Tu vois tout ce qui me tombe sur la tête en ce moment ?
- Mais ne vois-tu pas l'opportunité ?
- Laquelle ? J'ai deux décisions à prendre... je dirai même trois...
- Dis-moi ?
- Noah, ce qui va en découler va me créer une deuxième décision, et ce nouveau poste...
- De quoi, en découler ?
- Si je reste, il faut que je fasse tomber les barrières que je viens de monter, et si je pars, c'est la recherche d'un nouvel appartement...
- Mais il t'appartient cet appart, tu n'as pas à en partir !
- Je n'y resterai pas, trop de souvenirs...
- Ok et en quoi c'est une décision de faire tomber les barrières ?
- Car, c'est mon corps ou plutôt ma tête qui acceptera ou non de les faire tomber pas moi...
- Ok, je comprends...

L'après-midi passa plus vite qu'Axel ne le pensait... Il fit une pause, où il s'isola dans son bureau et réfléchit à Noah. Quoi qu'il en soit, ce ne serait plus pareil, les coups qu'il avait reçu, les marques qu'il avait sur le dos et les jambes, ainsi que la douleur qu'il avait le montrait bien... Il ne le regarderait plus jamais comme avant. Ce n'était plus le même homme à ses yeux c'était un étranger, enfin un étranger comme un meurtrier avant qu'il tue sa première victime... Car s'il a tapé, il recommencera... Ca c'est sur.
Sa décision, aussi douloureuse fut-elle, était prise. Il passerait ce soir à l'appartement et lui demanderait de partir.
Il lui paierait l'hôtel une semaine pour qu'il se trouve un appartement, mais ce ne sera pas difficile. Noah avait des amis. Ils l'aiderait.
Il fit part de sa décision à Ludo, qui ne pouvait pas être plus content, il avait peur pour Axel et se proposa de l'accompagner le soir.
Axel accepta et répliqua :
- De toute façon tu n'as pas le choix !
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Il faut que je te ramène et que je dors chez toi encore ce soir...
- Et si j'ai mon homme qui vient ?
- Bah je me ferai discret sur le canapé...
- Ok... dit Ludo avec un sourire. De toute façon j'ai pas d'homme en ce moment...

Le soir, après la fermeture du magasin, ils traversèrent Paris pour arriver dans le trois pièces d'Axel. Ils montèrent les quatre étages par l'ascenseur et Ludo senti son ami se crisper, il posa affectueusement une main sur son épaule.
Quand Axel mit la clé dans la serrure, il ne s'étonna pas qu'elle soit verrouillée...
L'appartement était plongé dans le noir. Il alluma la lampe du salon et trouva un mot sur la table basse :

Axel,
Je suis désolé de ce qu'il s'est passé hier,
Désolé du mal que je t'ai fait,
De la souffrance que je t'ai fait enduré.
Cette partie de moi, je l'avais occulté,
Je ne me l'avouais pas mais hier je me suis rendu compte de l'évidence...
Je suis un homme violent,
Violent envers les personnes que j'aime ...
Envers toi.
Je préfère partir, partir pour ton bien,
Pour ne pas que tu vives dans la peur de ce que je t'ai fait vivre
La peur que je recommence...
Je t'aime,
Pardonne-moi
Noah,
Ps :tes clés sont dans ta boîte aux lettres...



Axel s'effondra sur le plancher.
Il pleura, froissa la lettre, et refusa les bras que Ludo lui tendaient. Il aimait Noah même s'il lui avait fait du mal, il l'aimait quand même...

Il aura fallu près de deux heures pour arrêter les larmes d'Axel, lui faire préparer un sac d'habits de rechange, et repartir chez Ludo.


Dans les jours qui suivirent, la vie d'Axel fut rythmée de visites d'appartements, plus proches de Ludo car du Trocadéro au Marais on ne peut y aller à pied en peu de temps...
Ils s'étaient tous les deux fixés comme objectif de réfléchir à cette proposition de poste le dimanche.
Ce ne fut pas une mince affaire. Certes le salaire était plus conséquent, mais les responsabilités aussi. Il ne fallait rien négliger, ce poste était une opportunité géniale mais un risque énorme de se tromper, de ne pas avoir eu suffisamment d'expérience dans les fonctions de responsable pour diriger un magasin. Certes ils seraient tous les deux mais cela n'empêchait pas les craintes.
Ils décidèrent quand même de se lancer, et quand ils annoncèrent à leur directeur qu'ils acceptaient, ils virent sur son visage qu'il était satisfait mais en même temps une ombre se dessina.
- Il y a un problème ? demanda Ludo.
- Non, c'est juste que mes deux principaux éléments moteurs s'en vont et que ça m'ennuie un peu quand même...
- Désolés, s'excusa Axel pour deux.

Dans les mois qui suivirent, Axel et Ludo, continuaient à former leurs successeurs et en même temps, commençaient quelque chose qu'ils n'avaient jamais envisagé...
Pendant ses recherches d'appartement, Axel dormait toujours chez Ludo ne voulant rentrer seul chez lui...
Ils finirent un soir où ils avaient un peu trop bu à dormir ensemble et ce qui devait arriver arriva, ils firent l'amour. Ils avaient beau avoir un taux d'alcoolémie supérieur à la norme, ils firent l'amour avec une sensualité, un désir, une passion, et un plaisir en découla, aussi énorme pour eux deux qu'ils découvrirent l'orgasme. L'orgasme d'un homme n'est pas l'éjaculation mais le point culminant, l'apogée de son plaisir et pour la première fois ils le découvrirent... Ils recommencèrent le lendemain, le surlendemain, et les jours qui suivirent...
Jusqu'au moment, où Ludo demanda :
- Que sommes-nous en train de faire ?
- Vivre, lui répondit instantanément, Axel.

Et ils s'embrassèrent...

La recherche d'appartement fut abandonné pendant trois mois, pour en recommencer une nouvelle mais là pour réunir leurs deux appartements en un seul...
Ludo avait son appartement payé par sa grand-mère, et Axel son appartement était payé depuis ses vingt ans...

Ils durent chercher pendant deux bons mois où ils firent l'ouverture du magasin, qui fit de très bons chiffres dès l'ouverture quand ils tombèrent sur une splendide maison en plein Paris sur deux étages.
Le jardin était petit mais aménagé de façon à s'y sentir à l'aise, dans la maison il n'y avait que les peintures à refaire...
Leur cocon, ou petit nid d'amour se forma. Des disputes éclatèrent, mais leur relation tellement solide par des années d'amitié ne se brisa pas...


# Posté le jeudi 13 décembre 2007 12:42

Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:45