Marthe, a soixante-dix-huit ans, sa vie lui semble terminée, elle aimerait tellement que son petit-fils prenne un peu plus soin d'elle... Elle sait qu'elle perd la mémoire, comme par exemple ce mardi où Roger, son voisin vint la voir pour lui amener des pommes de terre de son jardin, pour que Marthe fasse son pot-au-feu, le plus prisé de la région car elle savait sélectionner chaque ingrédient, qui accompagnerait sa viande, qu'elle couperait également pour n'en garder que les meilleurs morceaux...Bien entendu, elle ajoutait un petit ingrédient personnel qui faisait sa réputation mais nul n'avait percé ce secret depuis les vingt cinq années qu'elle avait passées dans ce lotissement d'une vingtaine de maisons chacune différente, mais en même temps se ressemblant toutes avec leur crépi blanc, le petit jardin devant la maison toujours bien entretenu, pour ne pas laisser place à un désordre.
Ce jour-là, donc Marthe reçut la visite de Roger pour les pommes de terre... Il repartit une quinzaine de minutes plus tard... Elle rangea les pommes de terres dans le placard réservé à cet effet dans l'arrière cuisine, où l'idée lui vint de prendre un café avec son cher voisin.
Elle frappa à la porte de ce vieil ami qui ouvrit quasiment instantanément :
-Bonjour Roger, j'étais dans la cuisine et je me demandais si on pouvait se boire un bon petit café comme cela fait quelques jours que nous ne nous sommes pas vus...Que se passe t-il Roger vous faîtes une drôle de tête ?
-Marthe je viens de sortir de chez vous il y a une quinzaine de minutes. Je vous ai amené des pommes de terre pour votre pot-au-feu annuel..
-Oh! je suis désolée... Je perds un peu la tête ces derniers jours...
-....
Peu après son départ Roger se dit qu'il fallait faire quelque chose, et entrepris de chercher le numéro du petit-fils de Marthe que cette dernière lui avait laissé dernièrement pour une raison banale, un au cas où...
-Allô ?
-Bonjour Jeremy c'est Roger le voisin de ta grand-mère, je ne te dérange pas ?
-J'allais partir au travail, mais dîtes-moi, que se passe t-il ? Il y à un problème ?
-J'ai des doutes concernant sa santé... Je me demande si ce n'est pas un alzheimer ce pourrait être normal à son âge...
Et Roger lui raconta tout : ces doutes, ces craintes face au quotidien de sa pauvre voisine. Jeremy lui demanda alors s'il devait consulter un médecin, s'il fallait qu'on l'installe dans une maison de repos, ... Il était tout bonnement déboussolé...Lui étant à Paris, elle à cent cinquante kilomètres ...
Il n'avait que vingt-deux ans et toutes ces responsabilités qui l'incombaient... Ils étaient seuls, ils n'avaient personne autour d'eux...
La mère de Jeremy s'était donné la mort, il y a maintenant quelques années les laissant tous les deux, avec des dettes par-dessus le marché... Mais ils avaient relevé le défi, ils avaient tout remboursé, ils n'avaient rien demandé à personne. Leur chagrin n'est jamais survenu, ils avaient dû faire pleins de concessions, ils n'avaient donc eu aucun répit pour pleurer l'être cher qui leur manquait à tous les deux, mais ils avaient affronté cette épreuve non sans difficultés, mais avec une pointe de fierté quand même, quand ils avaient tout régularisé...
L'amour que portait Jeremy à sa mère se reporta instantanément sur Marthe, sans que tout deux ne s'en aperçoivent...
Ils avaient réussi à surmonter tellement d'épreuves tous les deux. Pourquoi est-ce qu'elle lâche prise? , se demanda Jeremy complètement déboussolé.
Il prit le combiné qu'il avait posé sur la table de cuisine après l'appel de son vieux voisin. Il composa le numéro de son patron, qui était comme un meilleur ami pour le prévenir qu'il ne viendrait pas travailler ce jour-là. Son supérieur ne lui demanda pas d'excuses. C'était l'employé le plus pointilleux sur les horaires, toujours à l'heure il ne partait jamais avant l'heure, et faire des heures supplémentaires ne le dérangeait pas du tout. Il savait qu'il n'avait aucune famille sur Paris et que ces rencontres se résumaient à des soirées sans lendemain dans des bars gays...
Il se souvenait de son époque où lui aussi avait débarqué à Paris, sans un sou et pleins de projets, il ne voulait que réussir, voulait rendre envieux les gens qui l'avaient tant fait souffrir étant gosse... Maintenant qu'il avait réussi tout ce qu'il avait entrepris, il n'attendait plus rien, sauf peut-être un peu plus qu'une simple amitié avec Jeremy... Il savait que c'était mal, jamais il n'avait éprouvé de sentiments envers un employé mais maintenant... Il se moquait du qu'en dira t-on... Il attendait un geste de ce dernier mais il savait qu'il n'y en aurait pas vu que jamais au grand jamais Jeremy aurait été susceptible de faire des avances à son patron... Pourtant certaines choses laissaient penser que...
Jeremy claqua la porte de son vaste deux-pièces situé près de Bercy, et enfourcha sa moto pour prendre la direction du périphérique extérieur direction : la campagne Amiénoise.
Le temps ne laissait pas à désirer : l'autoroute était glissante suite à la pluie de la veille, et les routes en rase campagne étaient boueuses à cause des tracteurs qui étaient bien plus nombreux que les voitures...
Finalement, au bout de deux heures de route plus que fastidieuses, il arriva enfin devant la maison que ses grands-parents avaient fait construire... Il n'avait pas connu son grand-père celui-ci étant mort quand sa mère avait dix ans, d'une crise cardiaque... Ce drame survenu d'un coup, n'avait pas ébranlé la veuve. Elle avait une force de caractère, qui n'avait pas laissé de place au désespoir, elle ne montra jamais sa douleur face à la perte de l'homme qu'elle aurait le plus aimé...
Elle avait élevé donc sa fille seule sans demander de l'aide, en luttant contre le caractère féroce de sa fille... Elle n'en avait soufflé mot à personne, des insultes qu'elle recevait chaque jour, à chaque moment où elles se croisaient...
Rapidement vers l'âge de seize ans, elle rencontra des gens qui ne sont pas fréquentables et qui la firent tomber dans la drogue et enceinte...
Ce fut un choc pour Marthe, mais elle ne baissa pas les bras, elle avait réussi à faire d'elle une ravissante fille malgré tout...
La grossesse ne fut pas cachée, Marthe n'avait pas honte. Elle réussi à faire prendre conscience à sa fille de ce qui allait se passer pour elle, pour sa fille et pour le bébé également...Car Marthe ne se posa la question de l'avortement avec sa fille... Elle réussi à faire décrocher sa fille de la drogue en l'enfermant dans la maison malgré les protestations...
Deux semaines ont suffi pour le sevrage, et fut vite remplacé par la joie qu'elle était enceinte...
Malheureusement peu après l'accouchement sa fille retomba dans la drogue et n'arrivait plus à assumer Jeremy...
Mon cher fils
Ma chère mère,
Je suis désolée mais je préfère vous quitter plutôt que
De voir mon fils souffrir de mon état
Je suis une droguée
La seule fois où j'ai réussi à me sevrer
A été quand je t'attendais mon amour
Par la force de ta grand-mère
C'est une personne courageuse à qui je crois n'avoir
Jamais dit Je t'Aime
Toi aussi mon fils Je t'Aime
Mes dernières pensées sont pour vous
Ta maman
Ta fille
Cette lettre ou plutôt ces quelques mots sont partis en fumée, dans un accès de colère pendant que Jeremy était adolescent, mais il ne savait pas que sa grand-mère en avait fait une copie. Elle s'est jurée de la lui donner le jour où Jeremy en reparlerait. Jusqu'à ce jour il ne l'avait pas fait...
Jeremy frappa à la porte et entra, c'était leur habitude on frappe et on entre après ...
Sa grand-mère était dans le salon, en train de faire des mots fléchés...Elle leva les yeux et ce que vit Jeremy le rassura.
Elle le reconnaissait avec ses yeux qui pétillent comme à chaque fois, qu'il arrivait à l'improviste...
-Oh! mon chéri
-Mamie
Et ils se serrèrent fort, comme à leur habitude.
-Mais ne devrais-tu pas travailler aujourd'hui ?
-Si, mais pour ne rien te cacher, j'ai eu un appel de Roger ce matin...
-Oui je sais... Je perds un peu la tête parfois...
-Je m'inquiète pour toi, voilà tout.
-Mais non, ne dis pas de bêtises... Je suis sure que tu meurs de faim, non ?.
-Si, et en plus le trajet n'a pas été évident.
-Je t'ai déjà dit de ne plus me parler de tes allers et venues sur cet engin de malheur
-Je sais, mais tu sais même en voiture je ne crois pas que ça aurait été plus simple...
-Bref, vas te laver les mains je te prépare un truc à te mettre sous la dent il est quand même une heure passée !
-Mamie tu sais que j'ai des horaires décalés....
-Je sais tu ne commences jamais avant onze heures mais tu ne finis jamais avant vingt heures trente !!! Ton métier va te tuer...
-Mais non, je vais très bien. Dis-moi quand les parisiens pourraient se faire coiffer si on avait des horaires de bureau ? On mettrait tous la clé sous la porte avant même d'avoir dit ouf. Bon je vais dans la salle de bains...
Quelques minutes plus tard, il revint dans le salon où sa grand-mère avait dressé un couvert d'appoint sur la table basse. Il y avait une tranche de jambon disposée dans l'assiette accompagnée de quelques feuilles de mâches du potager derrière la maison dont l'entretien était impeccable. Sa mamie adorait que cet endroit soit bien entretenu car selon elle c'est comme cela que les générations futures survivront avec un peu de ce qu'elle faisait, elle, et si tout le monde faisait pareil peut-être cela serait-il vrai.
-J'arrive tout de suite mon chéri.J'attend que la purée soit prête et tu pourras enfin manger quelque chose de correct...
Elle savait très bien que sa nourriture était essentiellement basée sur des sodas et fast-foods divers ouvert jusque tard le soir...
Dès qu'il eut fini de déjeuner il lui proposa de faire une petite balade, ce qu'elle accepta avec grande joie. Quelle fierté, se dit-elle, d'être au bras de son petit-fils.
Elle connaissait sa sexualité et jamais elle ne l'avais jugé. Elle savait qu'il faisait attention à lui donc elle n'avait aucune inquiétude. Elle s'inquiétait par contre car elle savait que son petit fils avait quelque chose à lui dire et que cela concernait son avenir.Il avait pris son air grave, celui de l'homme mûr maintenant, celui qui sait ce qu'il fait :
-Mamie, il faut faire quelque chose pour toi...
-Non, écoute moi d'abord.
Je sais que je ne suis plus dans mon état normal.Il y a des choses que je n'arrive plus à contrôler. Ma mémoire défaille mais je ne veux pas être un calvaire pour toi donc je sais que quoi que tu me dises, c'est le meilleure décision qui s'impose. Je te fais entièrement confiance...
-Je voulais te proposer d'aller dans une maison de retraités car tel est le mot. Je ne veux pas dire maison de repos, car ce serait te mentir... Et il est hors de question que je te mente. Je vais te guider pour y aller. C'est toi qui la choisira, comme c'est toi qui a choisi les couleurs des murs de ta maison. Si tu veux rester sur Amiens d'accord, mais sache que je ne pourrais pas venir te voir souvent car c'est loin.
Tu peux aussi en choisir une à Paris ou environs.Comme ça je viendrai te voir, certainement plus souvent.
Je sais, que tu t'inquiète de ta maison mais laisse-moi finir.Elle ne sera pas vendue, elle restera dans la famille, on ira en vacances...Comme tu le
sens ce sera toi, qui décidera. Mais je ne veux plus te voir, dans cette maison toute seule.
Je sais que tu as vu un médecin... Je sais également, que tu es au courant de ton état, ce n'est que stationnaire pour le moment mais la descente peut être rapide.Excuse moi pour les termes, mais je ne sais comment m'exprimer en fait.
Je veux que tout soit décidé avant que tu ne perdes la tête, et que tu ne me reconnaissent plus... Les trous de mémoire ne sont que le prémisse de ta maladie, ils sont de plus en plus fréquent, ce qui est synonyme que ton état ne va pas s'améliorer.Maintenant c'est à toi de décider...
Ils s'étaient assis sur le banc à côté de la mairie. Marthe pleurait en silence, pas de chagrin mais parce que la vérité lui faisait mal, et son petit-fils qui osait, lui, s'imposer dans ce choix radical, l'émouvait car c'était la preuve qu'il tenait à elle...
-D'accord, arriva t-elle à articuler, ce sera Paris et on la choisira ensemble, toi et moi, comme nous avons choisi ton premier appartement à Paris.
Jeremy ne s'attendait pas à cette réaction. Il pensait qu'il allait devoir donner des arguments pour qu'elle accepte sa proposition...
Jeremy reparti en tout début de soirée, après le dîner que sa grand-mère lui avait ordonné d'honoré...
Marthe regarde son petit fils s'éloigné du lotissement ravie de l'avoir vu... Mais Marthe sait très bien qu'elle a lâchée prise bien avant que la maladie ne survienne...Ca a commencé quand Jeremy est parti, personne ne faisait attention mais très souvent elle mettait des pulls ou des chemisiers à manches longues pour camoufler les striures de sang séché faîtes par le couteau de cuisine sur ses avants-bras...
Ce jour-là, donc Marthe reçut la visite de Roger pour les pommes de terre... Il repartit une quinzaine de minutes plus tard... Elle rangea les pommes de terres dans le placard réservé à cet effet dans l'arrière cuisine, où l'idée lui vint de prendre un café avec son cher voisin.
Elle frappa à la porte de ce vieil ami qui ouvrit quasiment instantanément :
-Bonjour Roger, j'étais dans la cuisine et je me demandais si on pouvait se boire un bon petit café comme cela fait quelques jours que nous ne nous sommes pas vus...Que se passe t-il Roger vous faîtes une drôle de tête ?
-Marthe je viens de sortir de chez vous il y a une quinzaine de minutes. Je vous ai amené des pommes de terre pour votre pot-au-feu annuel..
-Oh! je suis désolée... Je perds un peu la tête ces derniers jours...
-....
Peu après son départ Roger se dit qu'il fallait faire quelque chose, et entrepris de chercher le numéro du petit-fils de Marthe que cette dernière lui avait laissé dernièrement pour une raison banale, un au cas où...
-Allô ?
-Bonjour Jeremy c'est Roger le voisin de ta grand-mère, je ne te dérange pas ?
-J'allais partir au travail, mais dîtes-moi, que se passe t-il ? Il y à un problème ?
-J'ai des doutes concernant sa santé... Je me demande si ce n'est pas un alzheimer ce pourrait être normal à son âge...
Et Roger lui raconta tout : ces doutes, ces craintes face au quotidien de sa pauvre voisine. Jeremy lui demanda alors s'il devait consulter un médecin, s'il fallait qu'on l'installe dans une maison de repos, ... Il était tout bonnement déboussolé...Lui étant à Paris, elle à cent cinquante kilomètres ...
Il n'avait que vingt-deux ans et toutes ces responsabilités qui l'incombaient... Ils étaient seuls, ils n'avaient personne autour d'eux...
La mère de Jeremy s'était donné la mort, il y a maintenant quelques années les laissant tous les deux, avec des dettes par-dessus le marché... Mais ils avaient relevé le défi, ils avaient tout remboursé, ils n'avaient rien demandé à personne. Leur chagrin n'est jamais survenu, ils avaient dû faire pleins de concessions, ils n'avaient donc eu aucun répit pour pleurer l'être cher qui leur manquait à tous les deux, mais ils avaient affronté cette épreuve non sans difficultés, mais avec une pointe de fierté quand même, quand ils avaient tout régularisé...
L'amour que portait Jeremy à sa mère se reporta instantanément sur Marthe, sans que tout deux ne s'en aperçoivent...
Ils avaient réussi à surmonter tellement d'épreuves tous les deux. Pourquoi est-ce qu'elle lâche prise? , se demanda Jeremy complètement déboussolé.
Il prit le combiné qu'il avait posé sur la table de cuisine après l'appel de son vieux voisin. Il composa le numéro de son patron, qui était comme un meilleur ami pour le prévenir qu'il ne viendrait pas travailler ce jour-là. Son supérieur ne lui demanda pas d'excuses. C'était l'employé le plus pointilleux sur les horaires, toujours à l'heure il ne partait jamais avant l'heure, et faire des heures supplémentaires ne le dérangeait pas du tout. Il savait qu'il n'avait aucune famille sur Paris et que ces rencontres se résumaient à des soirées sans lendemain dans des bars gays...
Il se souvenait de son époque où lui aussi avait débarqué à Paris, sans un sou et pleins de projets, il ne voulait que réussir, voulait rendre envieux les gens qui l'avaient tant fait souffrir étant gosse... Maintenant qu'il avait réussi tout ce qu'il avait entrepris, il n'attendait plus rien, sauf peut-être un peu plus qu'une simple amitié avec Jeremy... Il savait que c'était mal, jamais il n'avait éprouvé de sentiments envers un employé mais maintenant... Il se moquait du qu'en dira t-on... Il attendait un geste de ce dernier mais il savait qu'il n'y en aurait pas vu que jamais au grand jamais Jeremy aurait été susceptible de faire des avances à son patron... Pourtant certaines choses laissaient penser que...
Jeremy claqua la porte de son vaste deux-pièces situé près de Bercy, et enfourcha sa moto pour prendre la direction du périphérique extérieur direction : la campagne Amiénoise.
Le temps ne laissait pas à désirer : l'autoroute était glissante suite à la pluie de la veille, et les routes en rase campagne étaient boueuses à cause des tracteurs qui étaient bien plus nombreux que les voitures...
Finalement, au bout de deux heures de route plus que fastidieuses, il arriva enfin devant la maison que ses grands-parents avaient fait construire... Il n'avait pas connu son grand-père celui-ci étant mort quand sa mère avait dix ans, d'une crise cardiaque... Ce drame survenu d'un coup, n'avait pas ébranlé la veuve. Elle avait une force de caractère, qui n'avait pas laissé de place au désespoir, elle ne montra jamais sa douleur face à la perte de l'homme qu'elle aurait le plus aimé...
Elle avait élevé donc sa fille seule sans demander de l'aide, en luttant contre le caractère féroce de sa fille... Elle n'en avait soufflé mot à personne, des insultes qu'elle recevait chaque jour, à chaque moment où elles se croisaient...
Rapidement vers l'âge de seize ans, elle rencontra des gens qui ne sont pas fréquentables et qui la firent tomber dans la drogue et enceinte...
Ce fut un choc pour Marthe, mais elle ne baissa pas les bras, elle avait réussi à faire d'elle une ravissante fille malgré tout...
La grossesse ne fut pas cachée, Marthe n'avait pas honte. Elle réussi à faire prendre conscience à sa fille de ce qui allait se passer pour elle, pour sa fille et pour le bébé également...Car Marthe ne se posa la question de l'avortement avec sa fille... Elle réussi à faire décrocher sa fille de la drogue en l'enfermant dans la maison malgré les protestations...
Deux semaines ont suffi pour le sevrage, et fut vite remplacé par la joie qu'elle était enceinte...
Malheureusement peu après l'accouchement sa fille retomba dans la drogue et n'arrivait plus à assumer Jeremy...
Mon cher fils
Ma chère mère,
Je suis désolée mais je préfère vous quitter plutôt que
De voir mon fils souffrir de mon état
Je suis une droguée
La seule fois où j'ai réussi à me sevrer
A été quand je t'attendais mon amour
Par la force de ta grand-mère
C'est une personne courageuse à qui je crois n'avoir
Jamais dit Je t'Aime
Toi aussi mon fils Je t'Aime
Mes dernières pensées sont pour vous
Ta maman
Ta fille
Cette lettre ou plutôt ces quelques mots sont partis en fumée, dans un accès de colère pendant que Jeremy était adolescent, mais il ne savait pas que sa grand-mère en avait fait une copie. Elle s'est jurée de la lui donner le jour où Jeremy en reparlerait. Jusqu'à ce jour il ne l'avait pas fait...
Jeremy frappa à la porte et entra, c'était leur habitude on frappe et on entre après ...
Sa grand-mère était dans le salon, en train de faire des mots fléchés...Elle leva les yeux et ce que vit Jeremy le rassura.
Elle le reconnaissait avec ses yeux qui pétillent comme à chaque fois, qu'il arrivait à l'improviste...
-Oh! mon chéri
-Mamie
Et ils se serrèrent fort, comme à leur habitude.
-Mais ne devrais-tu pas travailler aujourd'hui ?
-Si, mais pour ne rien te cacher, j'ai eu un appel de Roger ce matin...
-Oui je sais... Je perds un peu la tête parfois...
-Je m'inquiète pour toi, voilà tout.
-Mais non, ne dis pas de bêtises... Je suis sure que tu meurs de faim, non ?.
-Si, et en plus le trajet n'a pas été évident.
-Je t'ai déjà dit de ne plus me parler de tes allers et venues sur cet engin de malheur
-Je sais, mais tu sais même en voiture je ne crois pas que ça aurait été plus simple...
-Bref, vas te laver les mains je te prépare un truc à te mettre sous la dent il est quand même une heure passée !
-Mamie tu sais que j'ai des horaires décalés....
-Je sais tu ne commences jamais avant onze heures mais tu ne finis jamais avant vingt heures trente !!! Ton métier va te tuer...
-Mais non, je vais très bien. Dis-moi quand les parisiens pourraient se faire coiffer si on avait des horaires de bureau ? On mettrait tous la clé sous la porte avant même d'avoir dit ouf. Bon je vais dans la salle de bains...
Quelques minutes plus tard, il revint dans le salon où sa grand-mère avait dressé un couvert d'appoint sur la table basse. Il y avait une tranche de jambon disposée dans l'assiette accompagnée de quelques feuilles de mâches du potager derrière la maison dont l'entretien était impeccable. Sa mamie adorait que cet endroit soit bien entretenu car selon elle c'est comme cela que les générations futures survivront avec un peu de ce qu'elle faisait, elle, et si tout le monde faisait pareil peut-être cela serait-il vrai.
-J'arrive tout de suite mon chéri.J'attend que la purée soit prête et tu pourras enfin manger quelque chose de correct...
Elle savait très bien que sa nourriture était essentiellement basée sur des sodas et fast-foods divers ouvert jusque tard le soir...
Dès qu'il eut fini de déjeuner il lui proposa de faire une petite balade, ce qu'elle accepta avec grande joie. Quelle fierté, se dit-elle, d'être au bras de son petit-fils.
Elle connaissait sa sexualité et jamais elle ne l'avais jugé. Elle savait qu'il faisait attention à lui donc elle n'avait aucune inquiétude. Elle s'inquiétait par contre car elle savait que son petit fils avait quelque chose à lui dire et que cela concernait son avenir.Il avait pris son air grave, celui de l'homme mûr maintenant, celui qui sait ce qu'il fait :
-Mamie, il faut faire quelque chose pour toi...
-Non, écoute moi d'abord.
Je sais que je ne suis plus dans mon état normal.Il y a des choses que je n'arrive plus à contrôler. Ma mémoire défaille mais je ne veux pas être un calvaire pour toi donc je sais que quoi que tu me dises, c'est le meilleure décision qui s'impose. Je te fais entièrement confiance...
-Je voulais te proposer d'aller dans une maison de retraités car tel est le mot. Je ne veux pas dire maison de repos, car ce serait te mentir... Et il est hors de question que je te mente. Je vais te guider pour y aller. C'est toi qui la choisira, comme c'est toi qui a choisi les couleurs des murs de ta maison. Si tu veux rester sur Amiens d'accord, mais sache que je ne pourrais pas venir te voir souvent car c'est loin.
Tu peux aussi en choisir une à Paris ou environs.Comme ça je viendrai te voir, certainement plus souvent.
Je sais, que tu t'inquiète de ta maison mais laisse-moi finir.Elle ne sera pas vendue, elle restera dans la famille, on ira en vacances...Comme tu le
sens ce sera toi, qui décidera. Mais je ne veux plus te voir, dans cette maison toute seule.
Je sais que tu as vu un médecin... Je sais également, que tu es au courant de ton état, ce n'est que stationnaire pour le moment mais la descente peut être rapide.Excuse moi pour les termes, mais je ne sais comment m'exprimer en fait.
Je veux que tout soit décidé avant que tu ne perdes la tête, et que tu ne me reconnaissent plus... Les trous de mémoire ne sont que le prémisse de ta maladie, ils sont de plus en plus fréquent, ce qui est synonyme que ton état ne va pas s'améliorer.Maintenant c'est à toi de décider...
Ils s'étaient assis sur le banc à côté de la mairie. Marthe pleurait en silence, pas de chagrin mais parce que la vérité lui faisait mal, et son petit-fils qui osait, lui, s'imposer dans ce choix radical, l'émouvait car c'était la preuve qu'il tenait à elle...
-D'accord, arriva t-elle à articuler, ce sera Paris et on la choisira ensemble, toi et moi, comme nous avons choisi ton premier appartement à Paris.
Jeremy ne s'attendait pas à cette réaction. Il pensait qu'il allait devoir donner des arguments pour qu'elle accepte sa proposition...
Jeremy reparti en tout début de soirée, après le dîner que sa grand-mère lui avait ordonné d'honoré...
Marthe regarde son petit fils s'éloigné du lotissement ravie de l'avoir vu... Mais Marthe sait très bien qu'elle a lâchée prise bien avant que la maladie ne survienne...Ca a commencé quand Jeremy est parti, personne ne faisait attention mais très souvent elle mettait des pulls ou des chemisiers à manches longues pour camoufler les striures de sang séché faîtes par le couteau de cuisine sur ses avants-bras...